... mais vraiment une minute! A Raphaël Enthoven, qui vous invite à porter un nouveau regard sur le mythe de Narcisse.

Si cette minute, qui se termine par un énigmatique "moins on se connait, mieux on se porte" emprunté à Clément Rosset, vous donnait envie d'aller plus loin, ou de rester avec ledit Enthoven (mais enfin, est-il si aisé de se prononcer sur nos mobiles?) une émission de radio est consacrée au livre dont est extraite cette citation :

http://www.franceculture.fr/emission-le-gai-savoir-moins-on-se-connait-mieux-on-se-porte-2014-03-02

L'ensemble est riche, le ton enlevé (mais il y a des interludes musicaux, vous pourrez vous détendre sur un air de Téléphone!) et je confie (avec une autre traduction) l'extrait du Traité de la Nature humaine de D. Hume lu dans l'émission :

Il est des philosophes qui imaginent que nous sommes à chaque instant intimement conscients de ce que nous appelons notre MOI, que nous en sentons l'existence et la continuité d'existence, et que nous sommes certains, avec une évidence qui dépasse celle d'une démonstration, de son identité et de sa simplicité parfaite. [...]
Pour moi, quand je pénètre le plus intimement dans ce que j'appelle moi-même, je tombe toujours sur une perception particulière ou sur une autre, de chaleur, de froid, de lumière ou d'ombre, d'amour ou de haine, de douleur ou de plaisir. Je ne parviens jamais, à aucun moment, à me saisir moi-même sans une perception et je ne peux jamais rien observer d'autre que la perception. Quand mes perceptions sont absentes pour quelque temps, quand je dors profondément, par exemple, je suis, pendant tout ce temps, sans conscience de moi-même et on peut dire à juste titre que je n'existe pas. Et si toutes mes perceptions étaient supprimées par la mort, si je ne pouvais plus penser, ni éprouver, ni voir, aimer ou haïr après la destruction de mon corps, je serais entièrement anéanti et je ne conçois pas du tout ce qu'il faudrait de plus pour faire de moi une parfaite non-entité
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